En ludopédagogie, une certaine culture ludique (ludique signifiant « en rapport avec le jeu ») contribue à la réussite de projets de conception de jeu pédagogique ou de dispositif pédagogique gamifié :
- Découverte de jeux (anciens ou nouveaux) pouvant être détournés pour un objectif pédagogique
- Découverte et test de jeux pédagogiques
- Echanges avec des créateurs de jeu sur l’histoire de leur jeu, leur intention d’origine, additionnées de quelques anecdotes.
Les salons locaux du jeu sont des lieux incontournables pour cela.
Au dernier Festival International du jeu de Cannes (2026), je me suis aperçu que l’élément déclencheur principal d’achat de l’ensemble des jeux acquis avait été un échange riche et intéressant (allant jusqu’à 2, pendant un week-end) avec les auteurs de ces jeux. Ces échanges ont suivi tous la même structure :
- Nos retours directs d’essai du jeu (intéressants pour les auteurs, pas juste du « Oh, c’est trop fun ! »)
- Origine et histoire du jeu (idée de genèse, stratégie de conception, essais / erreurs / tests, problèmes rencontrés, écueils, choix finaux, etc.).
- Extensions envisageables du jeu (on a récupéré ainsi quelques informations sympas pour le futur). Certaines informations transmises par un auteur ont été partagées avec d’autres auteurs (notamment en terme de gameplay). Nous avons été fidèles à notre fonction « d’abeille ludique » (on butine, on propage).
- Champs d’utilisation potentiels du jeu en dehors du simple divertissement : ludopédagogie (le + important pour nous), sensibilisation, facilitation. Les auteurs étaient très intéressés par ces aspects peu évoqués avec les autres interlocuteurs.
- Relations entre chaque jeu et l’IA, le numérique (conception, association d’appli mobile enrichie d’IA, rapport des auteurs face à l’IA, etc.).
Les auteurs ont des besoins et des envies. Ils ont besoin d’estimer la satisfaction des joueurs (pas simplement avec le nombre de boites vendues), leurs perceptions du jeu, leurs interrogations, leurs idées. Leur cerveau bouillonne en permanence concernant leur jeu. Il est fréquent que des auteurs nous remercient chaleureusement pour une idée ou suggestion pertinente à laquelle il n’avait pas pensé.
Il arrive même que certains auteurs nous présentent justement ce qu’ils ont dans les cartons en préparation (en cours de conception ou de fabrication).. Pourquoi ?
On doit être les rares personnes à s’intéresser plus « profondément » à leur jeu. Ils nous le rendent bien.
Pourquoi est-ce si important, si on s’intéresse un peu et qu’on a choisi de dédier en priorité beaucoup de temps libre pendant un salon pour partir à la découverte de ces jeux et ces auteurs ?
Ces échanges ont été riches, concis (mais suffisamment longs), très interactif et passionnés. Concernant ces salons du jeu, on parle le plus souvent des jeux mais très peu des auteurs, ceux qui ont permis que ces jeux existent.
En termes d’organisation, surtout, pas de planning contraignant, pas de RDV programmé, de l’exploration parallèle en petit groupe pour aller chercher là où il y a de la valeur ajoutée dans ce type de salon (sur les tables et chez les auteurs).
Thierry Secqueville
Ludopédagogue & Serious Game Designer
Ludopédagogie – Gamification – IA – Agile – Gestion de projet – SI – Nouvelles Technologies de l’Information